Pourquoi aller voir un psychologue?

Il s’agit avant tout de trouver un espace de parole neutre et confidentiel. Le psychologue n’est pas un ami ou un parent, il est quelqu’un de parfaitement neutre à qui l’on peut tout dire dans un espace où l’on se sent en sécurité et accueilli avec bienveillance.  A qui l’on peut Tout dire, sans avoir peur d’être jugé, incompris, sans risquer de choquer, de vexer, de devoir choisir des mots qui ne seraient pas les siens.

À tout moment de l’existence, chacun peut rencontrer un moment de doute, de difficulté, se poser des questions, avoir un choix à faire, vivre une épreuve douloureuse sur le plan personnel ou professionnel. Aujourd’hui, la démarche d’aller consulter un psychologue est devenue naturelle pour beaucoup. Oser demander de l’aide n’est pas un échec. Bien au contraire, comme je le dis souvent à mes patients, c’est une démarche très courageuse. Oser reconnaître que l’on a besoin d’aide est plutôt louable. Parfois, nous sommes comme « embourbés » dans une situation, un quotidien, l’impression que quelque chose tourne en rond, se répète, n’avance pas, certains ont même parfois l’impression de devenir « fous ». Aller voir un psychologue, c’est avant tout trouver un lieu pour pouvoir verbaliser tout cela et s’entendre soi-même dire des choses qui étaient jusque-là restées à l’état de pensées. Un psychologue n’est pas quelqu’un qui donne des conseils ou pense à votre place à des « solutions », aux choix que vous devriez faire. Non. Alors certains pourraient se demander : « À quoi cela sert-il alors d’aller voir un psychologue ? » Le psychologue a une écoute différente de celle des personnes qui constituent votre entourage et par son écoute spécifique, ses questions, ses remarques, il vous amène à vous poser de nouvelles questions, à entendre différemment ce que vous êtes en train de dire et à trouver vous-mêmes les réponses à vos questions et les directions que vous avez envie de donner aux choses pour que cela bouge. Un psychologue peut vous mettre sur la voie mais en aucun cas il ne doit choisir à votre place, ce qui selon moi, serait une privation de votre liberté. Au contraire, tout le travail élaboré dans le cabinet d’un psychologue permet petit à petit de gagner en liberté.

Il est toujours « remuant » d’aller creuser à l’intérieur de soi. Il s’agit de passer du passif à l’actif. Il est donc important de trouver le bon moment et la bonne personne pour « Aller faire le point avec soi-même » (jolie formule de Catherine Grangeard, psychanalyste et psychosociologue).

Il y a de très nombreux psychologues différents et autant de façons de pratiquer. Le psychologue qui vous convient ne sera pas celui qui convient à votre ami proche par exemple. Il y a aussi de nombreux courants à l’intérieur de la psychologie avec des approches très différentes. Il est important pour le patient d’avoir une information claire dès la première séance sur la pratique du psychologue qu’il rencontre. Pour ma part, mon orientation est analytique, c’est-à-dire que je privilégie une thérapie par la parole à l’utilisation d’outils concrets (comme cela peut être proposé en thérapie cognitivo-comportementale ou TCC). La thérapie d’orientation analytique s’intéresse au présent mais également au passé, à l’histoire du sujet, là où en thérapie comportementale on reste centré sur le présent et les symptômes gênants que l’on souhaite faire disparaitre. La thérapie d’orientation analytique s’intéresse à l’inconscient et à ses manifestations. Mon orientation est analytique mais avec le temps, je me suis également ouverte et formée à différentes approches, notamment à la sophrologie et à la méditation qui me permettent, si besoin, de proposer aux patients d’utiliser ponctuellement un outil, de mieux gérer leur stress, voire de dépasser des blocages quand le fait de parler ne va pas de soi.

Pour finir, le psychologue est un professionnel du comportement humain qui doit toujours être en constante formation, c’est-à-dire qu’à la fois il doit continuer de se former tout au long de sa carrière (les sciences humaines sont en constante évolution) mais également faire l’expérience d’un travail sur soi et d’une supervision de sa pratique. Accompagner l’autre ne s’improvise pas et demande du sérieux.